Beaujolais nouveau/beaujolais-villages nouveau AOC

Beaujolais Nouveau/ Beaujolais-Villages Nouveau AOC, vins rouges : vins de primeurs produits dans les zones d’appellation Beaujolais à partir du gamay et dont la commercialisation est autorisée dès la fin du processus de vinification avec mise en vente dans le monde entier le troisième jeudi de novembre.

A la conquête du monde !

Tout a débuté au début des années soixante par l’une des plus belles opérations de marketing de l’histoire viticole. Elle exploitait les qualités du gamay, dont l’une est de se vinifier rapidement en faisant appel à la méthode de macération carbonique. En quelques années, le beaujolais primeur, par son côté frais, gouleyant, aux senteurs de fruits rouges, allait séduire tous les pays de l’Europe, d’Amérique et d’Asie. Ainsi, dès novembre de chaque année, à peine le Beaujolais est-il vinifié que les négociants l’embouteillent au plus vite. La nuit du déblocage, la grande course commence pour servir au matin du troisième jeudi de novembre ce qu’on appelle le Beaujolais nouveau. Pour les Anglais, la fameuse « Beaujolais Race » débute à minuit sonnant. Il s’agit, pour un citoyen de Sa Gracieuse Majesté, d’être le premier à présenter, dans un endroit précis de la banlieue de Londres, la toute première bouteille de l’année

Une fabrication  particulière

Le Beaujolais Nouveau est vinifié selon la méthode de macération carbonique. Le raisin est ramassé à la main pour que les grappes soient les moins écrasées possibles. Puis il est placé dans une cuve hermétiquement close. Les grappes du fond de cuve vont éclater sous le poids des autres et le jus ainsi libéré va fermenter en dégageant du CO2. L’influence du gaz dégagé entraine sur le raisin une fermentation intracellulaire (au cœur de la baie). Le processus dure de 4 à 10 jours et procure au vin les caractéristiques qui on fait la réputation de ce vin : couleurs brillantes et vives, très peu d’acidité et un goût très prononcé de fruit rouge.

Sitôt fait, sitôt bu… C’est sans doute le meilleur cru qu’on puisse faire en trois semaines. Encore faut-il qu’il soit bien fait ! Que les conditions climatiques aient été bonnes ; que le vigneron n’ait pas accéléré artificiellement la fermentation ; qu’il n’ait pas chaptalisé au-delà de ce qui est autorisé, et qu’il ne fasse pas passer pour naturel ce goût de banane, signature de la présence de résidu d’une fermentation secondaire mal menée ou pire d’une manipulation chimique douteuse !

50 millions de bouteilles (dont 40% vendues à l’export)

Le Beaujolais nouveau représente aujourd’hui le tiers de la production totale du vignoble, soit cinquante-cinq millions de bouteilles. Aucune région viticole au monde n’a encore réussi ce prodige d’écouler aussi rapidement une telle quantité.

Mais la réussite du Beaujolais nouveau a attisé bien  des convoitises. L’Italie a lancé son vino novello. Les vins d’autres régions françaises ont cherché eux aussi  à se positionner sur le même thème avec leurs propres vins primeurs comme les Côtes du Rhône (3 à 4 millions de bouteilles),  Gaillac (1 million), La Touraine (500 000), Bordeaux ; et cela sans parler des ex-vins de Pays vendus en Primeur, devenus IGP (indication géographique protégée) comme les Vins d’Oc, du Val de Loire et du sud-ouest.
Résultat, les ventes de Beaujolais nouveau s’effondrent d’année en année avec des chutes spectaculaires venues entre autre de l’exportation notamment d’Angleterre et du Japon.

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