Désalcoolisation (du vin)

Désalcoolisation : action de désucrer ou désalcooliser partiellement ou totalement un vin. Pour élaborer un vin à un degré alcoolique bas, deux possibilités s’offrent aux viticulteurs : travailler sur le vin en éliminant l’alcool ou intervenir sur le moût en supprimant le sucre. Brevetée en 1908 par C. Jung, la technique de la désalcoolisation a été sans cesse améliorée.

Aujourd’hui, on constate une certaine désaffection des consommateurs face à des vins à forte teneur en alcool. Pourtant l’alcool a un rôle primordial dans la perception sensorielle du vin. Il atténue son acidité, rehausse sa note sucrée et contribue au moelleux en bouche. Avec moins d’alcool, un vin sera perçu comme plus acide et plus astringent.  Pour compenser ces défauts, on peut utiliser des cépages riches en anthocyanes (pour éviter l’acidité),  rajouter du glycérol à celui qui est normalement produit lors de la fermentation (jusqu’à 15 gr/l). Il est possible  d’ajouter également en faible quantité, du sucre par l’intermédiaire de moût de raisin ainsi que des arômes pour apporter plus de moelleux. Par la biotechnique, on peut aussi sélectionner des variétés de vignes produisant des raisins moins riches en sucre ainsi que des levures à plus faible taux de conversion des sucres en alcool. L’INRA de Montpellier qui coordonne ces différents programmes de recherche travaille  sur la mise au point d’un procédé de désalcoolisation partielle en début de fermentation pour réduire la teneur finale en alcool tout en conservant la production des différents arômes fermentaires.

Comment obtenir un vin désalcoolisé ?

D’abord il faut savoir que toute boisson ayant moins de 0,5% d’alcool est déclarée comme sans alcool.

L’un des spécialistes français est la société alsacienne Signatures de Prestige qui a lancé la marque La Côte de Vincent. Elle utilise un procédé sous vide et à basse température pour garder arômes et saveurs. À la fin du cycle, il est ajouté des arômes extraits aux vins, pour l’enrichir avec ses propres saveurs. Ce type de vin désalcoolisé aurait le même goût que le vin « normal » et surtout les mêmes effets positifs sur la santé laissant au consommateur la possibilité de conduire en toute sécurité.

Ce type de vin est recommandé aux diabétiques, aux femmes enceintes, aux alcooliques repentis ou même aux musulmans pour qui la consommation d’alcool est proscrite.

L’UCCOAR (Union des Caves Coopératives de l’Ouest Audois) commercialise également depuis 15 ans, en trois couleurs (rouge, rosé, blanc) plus d’un million de bouteilles sous licence INRA. Cette gamme appelée  Bonne Nouvelle contient 0,2% d’alcool et de 4 à 8 fois moins de calories qu’un vin traditionnel.

Un nouveau procédé

Un nouveau procédé permet d’éliminer jusqu’à 4% d’alcool*. Il a été mis au point par la société australienne Memstar. Il est largement utilisé en Australie, aux U.S.A., en Afrique du Sud et en Nouvelle-Zélande. Ce procédé utilise deux techniques membranaires successives. Dans un premier temps, grâce à un procédé d’osmose inverse, on extrait du vin, un mélange d’eau et d’alcool. Ce perméat (filtrat) d’osmose est ensuite envoyé dans un contacteur à membrane qui va permettre l’extraction de l’alcool. Déchargé de l’alcool, le perméat d’osmose est ensuite réinjecté dans le vin. Le processus fonctionne en circuit fermé pour éviter toute adjonction d’eau exogène. Cette extraction sélective de l’alcool du vin permet de préserver les arômes, la couleur et la structure du vin traité. Les pertes de produits sont limitées au volume d’alcool extrait.

Pour une désalcoolisation, les tarifs varient entre 4 et 7 € par hl selon les volumes.

Contraintes et règlementation

Les différents essais ont montré que les meilleurs résultats sont obtenus avec une désalcoolisation inférieure à 2 %. Aujourd’hui, produire des vins à 9 % obtenus par désalcoolisation est une pratique œnologique non autorisée dans l’Union européenne. Ce procédé est en revanche reconnu par l’OIV (organisation internationale de la vigne et du vin). Il est autorisé en France qu’à titre exceptionnel.

En 2009, la Commission européenne sur les pratiques œnologiques libéralisait cette pratique. Elle ne l’autorisait que pour une baisse maximale de 2% vol par rapport au vin initial.

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