Plageoles (Robert et Bernard Plageoles) Gaillac

Plageoles (Robert et Bernard Plageoles) Gaillac : il y a du génie chez les Plageoles père et fils, ils sont tout à la fois chercheurs, conservateurs, expérimentateurs, goûteurs et surtout vignerons. Lui, Robert est aussi peintre, auteur* , historien, collectionneur de livres et surtout raconteur d’histoires et même conférencier. Il serait à la retraite (!) après avoir confié à son fils et à sa femme Myriam l’exploitation de ses vignobles (devenus Vins de Robert et Bernard Plageoles Vignerons).

Sur la route de Cordes-sur-Ciel

On trouve Bernard au domaine des Très Cantous, à Cahuzac-sur-Vère, sur la route qui monte à la très belle cité de Cordes-sur-Ciel qui porte si bien son nom. Il y possèdent une exploitation d’une trentaine d’hectares, que d’aucuns considèrent comme la mecque du Gaillacois. L’expression ferait sans doute sourire Robert Plageoles* qui à force d’obstination, a constitué son propre conservatoire de cépages anciens (légués en partie par son père, Marcel) pour lutter contre la standardisation des variétés qu’on imposent trop souvent comme des lessives.

*Robert habite aujourd’hui au domaine Roucou-Cantemerle , dans le village de Castelnau-de-Montmirail.

L’ondenc retrouvé dans un vieux traité datant de 1909

Chez lui prospèrent quelques quatorze variétés ancestrales de Gaillac dont  l’ondenc notamment** qu’il eut tant de mal à imposer comme cépage officiel à Gaillac. Il avait trouvé au hasard de ses recherches, un vieil ouvrage de 1909 écrit par Victor Sébastian intitulé : Traité pratique de préparation des vins de luxe. Ce fut pour lui une révélation. L’auteur affirmait que l’ondenc pouvait à l’instar du sémillon ou du sauvignon à Sauternes se transformer grâce à la pourriture noble (botrytis cinerea) en un extraordinaire liquoreux. Le Vin d’Autan (comme liquoreux) et Caprice d’Autan (comme moelleux), élaborés avec l’ondenc, étaient nés. Ce cépage originaire de la vallée du Tarn qu’on cultive ici depuis le Moyen Âge (et qui avait disparu), retrouvait ici à Gaillac grâce à Robert Plageoles ses lettres de noblesse. N’oubliez pas aime-t-il à dire qu’en langue doc, autan signifie autel. Ainsi le vent d’autan qui jaillit de la Méditerranée, venant de Jérusalem  soufflerait en direction des autels des églises.

Le vin d’Autan, le vent d’autel

Dès 1985, il en replanta 2 ha. Quand le raisin est bien mûr, explique-t-il, il suffit  de pincer le pédoncule du raisin pour que la sève cesse de circuler. Le raisin se dessèche ainsi sous l’influence du vent d’autan. Il est ramassé, mis à passeriller comme un vin de paille. Il est ensuite pressé. Sa fermentation achevée, il est élevé pendant douze mois en cuve. Résultat, un des plus grands vins du monde ! Une explosion de saveurs, on y décèle le miel, l’abricot, la figue et le coing…et cette pointe d’acidité et de fraîcheur qui contrebalance l’opulence de cet extraordinaire nectar.

*Auteur avec Fernand Cousteaux d’un beau-livre intitulé : Le vins de Gaillac : 2000 ans d’histoire aux éditions Privat (2001).

** Mais aussi  le prunelart, le mauzac noir, le verdanel, etc.

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