Porte-greffe (viticulture)

Porte-greffe (viticulture) : le greffage, cette technique d’assemblage de deux rameaux de vigne se pratique depuis le Moyen Âge. Il existait également la technique du provignage (les ceps étaient reproduits par marcottage de vieilles souches). Mais c’est la crise du phylloxera après la destruction du vignoble qui va la généraliser. Ainsi, la quasi-totalité des vignes françaises (et européennes) après 1880 seront greffées sur des porte-greffes américains seuls capables de résister à ce terrible puceron (phylloxera vastatrix).

Des porte-greffes tous issus d’Amérique du nord

L’origine des variétés de porte-greffes provient de croisement entre trois genres de vitis (Riparia, Rupestris, Berlandiéri) issus d’Amérique du Nord, et de vitis Vinifera. De nombreux croisements ont été et sont encore opérés, les porte-greffes qui en résultent étant désignés par un groupe de chiffres et lettres rappelant leur origine par exemple :

  • le 41 B vitis Vinifera x vitis Berlandiéri, très résistant au calcaire et de vigueur moyenne ;
  • le S04 (sélection Oppenheim de Téléki), issu du croisement des espèces américaines vitis Riparia x vitis Berlandieri, qui est très résistant au calcaire actif et très productif ;
  • le Riparia gloire de Montpellier qui, grâce à une moindre vigueur, donne des vins de qualité ;
  • le 3309C (vitis Riparia x vitis Rupestris), de vigueur moyenne, etc.

La fusion intime du porte-greffe et du greffon

Le choix du porte-greffe doit donc résulter de son adaptation au sol, de la compatibilité avec le cépage et de l’aptitude à conférer au greffon une vigueur qui corresponde au niveau de rendement recherché. Son but est de réaliser la fusion du porte-greffe et d’un greffon prélevé sur la vigne, l’ensemble devant produire des raisins d’une qualité rigoureusement identique à celle de cette dernière. Le porte-greffe assure par ses racines la nutrition minérale. Le greffon fournit les rameaux, les feuilles et les fruits, sans que leur caractère spécifique soit influencé par le porte-greffe.

Il existe aujourd’hui des machines à greffer. Elle réalisent à la fois la découpe et l’assemblage du porte-greffe avec le rameau greffon.

Des porte-greffes transgéniques

Pour l’instant, il s’agit d’un expérimentation hors confinement (plein champ)* de porte-greffes transgéniques de vigne, développés pour induire une résistance au Grapevine fanleaf virus, agent principal de la maladie du court-noué. Cette nouvelle phase d’expérimentation court jusqu’en 2014. Elle est réalisé par l’INRA (Centre de Recherche de Colmar) et porte exclusivement sur un essai de recherche, pour acquérir des connaissances scientifiques sur de nouvelles stratégies de lutte alternatives à la lutte chimique, face au court-noué de la Vigne. Le court-noué est l’une des maladies virales les plus dommageables sur vigne. Elle est provoquée par des virus transmis par des vers microscopiques présents dans les sols viticoles, appelés nématodes. Le virus est l’agent principal de la maladie du court-noué dans le vignoble français. Environ 2/3 du vignoble est atteint par la maladie soit plus de 500 000 ha. L’essai de l’INRA n’a pas de vocation commerciale.

*Cette phase d’expérimentation s’est heurtée a beaucoup d’incompréhension au point d’avoir eut à subir des destructions notamment en août 2010.

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