Prats (Jean-Guillaume Prats et Bruno Prats)

Les Prats (Jean-Guillaume Prats le fils et Bruno Prats le père) sont intimement liés à Cos d’Estournel. Le prestige du château Cos d’Estournel (Deuxième Cru classé) considéré comme le plus beau joyau de Saint-Estèphe est en grande partie dû aux quatorze années passées par Jean-Guillaume Prats à la direction du château.Faudrait-il préciser que Jean-Guillaume était un peu chez lui à Cos. N’est-il pas le fils de Bruno Prats, ancien copropriétaire du château revendu en 2000 à Michel Reybier. C’est en effet son arrière grand père, Fernand Ginestet, grande figure du négoce bordelais, qui l’avait acheté en 1917. Cos restera donc près d’un siècle au sein de la même famille.

Cos d'Estournel

Cos d’Estournel, l’ancien fief de la famille Prats

Dans la famille Prats, Bruno, le père

Bruno Prats

Bruno Prats le père, de Cos d’Estournel, il a mis les voiles sur le monde : Chili, Afrique du Sud, Portugal, Espagne.

Bruno Prats qui a vendu Cos d’Estournel en 2000, a investi en Afrique du Sud avec Hubert de Boüard (copropriétaire de château Angelus à Saint-Emilion) dans Anwilka vineyards (Stellenbosch) en misant tout sur le cabernet et la syrah ; vignobles détenus également par Lowell Jooste, le célèbre propriétaire du mythique vin de Constance*. Il est aussi présent au Chili par Viña Aquitania qu’il a cofondé en 1990 (avec le chilien Felipe de Solminihac et Paul Pontallier de château Margaux) sur un terroir de cabernet sauvignon, à Maipo Alto, un coteau du piémont de  la Cordillère des Andes. Il est aussi co-propriétaire de Prats & Symington, un domaine de 930 ha dans la vallée du Douro au Portugal produisant le  Chryseia, dont le millésime 2011 a été élu troisième meilleur vin du monde dans le classement 2014 établi par le Wine Spectator. Chryseia signifie doré en grec (comme Douro en portugais). Produit sur un terroir en terrasses de schistes et d’ardoises, il est  le fruit d’un assemblage de trois cépages vinifiés séparément : le touriga nacional (cépage du Porto), le touriga francesa et le tinto roriz (le tempranillo espagnol). Enfin en Espagne,  Bruno Prats (Iberica Bruno Prats) en partenariat avec le jeune œnologue bordelais Stéphane Point (à l’origine responsable de Chryseia) redonne une nouvelle vie sur le vignoble d’Alicante au monastrell, appelé mourvèdre en France. Deux vins sont à l’honneur : le Mosyca dont le nom résume l’assemblage à la bordelaise de monastrell, syrah, cabernet sauvignon (et petit verdot)…Et au final (!) Alfynal est le dernier projet viticole de Bruno Prats avec un pur Monastrell, issus de très vielles vignes.

*En 2012, suite à un rachat majoritaire, la nouvelle entité (Société Klein Constantia) détient un vignoble de 200 ha pour une production de 500 000 bouteilles. Elle a  pour principaux actionnaires, Zdenek Bakola et Charles Harman avec un objectif clair : devenir le premier producteur des plus grands vins d’Afrique du Sud.

Les 14 ans de Jean-Guillaume, le fils à Cos

Jean-Guillaume Prats qui a quitté Cos début 2013 laisse derrière lui un énorme travail accompli avec le soutien inconditionnel de Michel Reybier, propriétaire de Cos d’Estournel. Le folklore des chinoiseries (d’ailleurs la restauration des bâtiments a permis aux pagodes de retrouver leur aspect initiale) cache un formidable outil au service du vin avec notamment ce chai gravitaire ultramoderne qui a vu le jour en 2008 ; un  projet unique à Bordeaux et sans doute dans le monde du à l’architecte Jean-Michel Wilmotte.

Quand Jean-Guillaume Prats goes Global

C’est le titre d’un article que lui consacrait le numéro de juin 2013 du Wine Spectator après ses 14 ans passés à la tête de Cos d’Estournel. A 42 ans, ses pas l’ont conduit chez LVMH, numéro un mondial du luxe comme CEO (chief executive officer), président de Estates & Wines (division vins) tout en siégeant au comité exécutif de Moët & Chandon (Champagne Veuve Cliquot, Krug…, Cognac Hennessy et des vins tels que châteaux d’Yquem, Cheval-Blanc…). Jean-Guillaume Prats n’avait quitté Bordeaux que pour ses études à Paris suivi d’un stage dans une banque à Londres et au Québec chez un distributeur de vin avant de rejoindre son père Bruno Prats à Saint-Estèphe.

Aujourd’hui, c’est le monde qui s’offre à lui, Chili, Afrique du Sud, Portugal, Espagne, Argentine, Californie (Newton vineyard à Napa, Numanthia en Espagne, Terrazas de los Andes en Argentine…). Ses projets sont planétaires : à Maharashtra en Indes, la construction d’une winery sur le Domaine Chandon pour des vins effervescents destinés au marché local ; recherche de terroirs intéressants en Mongolie intérieure avec les gens de Chandon ; l’ouverture d’une nouvelle cave viticole à Ningxia à 3 heures de Pékin, et dans le Yunnan, un plan pour produire des vins d’assemblage sur le modèle Bordelais à partir de vignes plantées sur les collines près de Shangri-La. A croire que la magie de Cos et du désir d’Orient qu’elle suscite n’abandonnent jamais la destinée de ceux qui servirent sa cause.

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