Provence (les vins de Provence)

La Provence est liée indubitablement à la mer, à la pierre, au mistral, au soleil…et au vin ! Ce n’est donc pas par hasard que la Provence cette Provincia Romana a été le berceau de la viticulture en France avant de s’étendre dans les pas des conquérants romains, d’abord vers la Narbonnaise, puis le long de la vallée du Rhône, la Bourgogne avant d’envahir tous le pays gaulois. A la chute de l’Empire Romain, le relais est pris par les grands ordres monastiques. Du Ve siècle au XIIe siècle, les abbayes de Saint-Victor à Marseille, Saint-Honorat sur les Iles de Lérins, au large de Cannes, Saint-Pons à Nice et du Thoronet produisent du vin pas seulement destiné à la consommation des moines ou à l’élaboration de vin de messe.

 La Provence virerait-elle au rouge et au blanc ?

A la fin du XIXe siècle, après la crise du phylloxera, de nouvelles difficultés liées à la surproduction, apparaissent. C’est à cette époque que de nombreux viticulteurs sentent la nécessité de se grouper en fondant le mouvement coopératif. Il n’y a pas si longtemps encore, ce vignoble était quelque peu victimes de son ancienneté et de sa notoriété. En effet, et bien que la tendance se soient inversée, la production de vins ordinaires et du populaire rosé de Provence, compagnon des beaux jours et des étés caniculaires masquait la grande originalité et la qualité de cette appellation. Eh oui, la Provence virerait-elle au rouge et au blanc, truffée qu’elle est d’une multitude de bon terroirs propres à engendrer quelques vins vraiment exceptionnels ? Mais c’est encore une goutte d’eau dans une mer de rosés.

La Provence c’est 5,6 % des rosés produits dans le monde

Pour ce vignoble de 26 000 ha qui s’étend  sur 3 départements (Var, Bouches-du-Rhône et Alpes Maritimes) les chiffres sont gigantesques. Sur 160 millions de bouteilles produites en moyenne par an en Provence (soit 6 % de la production française d’AOC, toutes couleurs confondues), 88,5 % (plus de 141 millions de bouteilles) sont des rosés ce qui fait de la Provence* la seule zone de production spécialisée dans ce type de vin. Elle couvre à elle seule 35 % de la production nationale et fournit environ 5,6 % des rosés du monde. Autre chiffres : 16% des volumes Vins de Provence sont ainsi vendus à l’export dont une majorité de rosés, une progression constante due entre autre à l’explosion de la demande des Etats-Unis en rosés.

* Avec une répartition de cet ordre : Côtes de Provence 75 %, Coteaux d’Aix-en-Provence 15 % et Coteaux Varois en Provence 10 %. Si la Provence produit 88,5 % de rosés, il reste 8 % de rouges et 3,5 % de blancs.

Le rosé de Provence est tendance !

Coté tendance, voir ce Rosé Côtes de Provence du château Miraval (un domaine de 30 ha à Correns dans le Var) à l’étiquette tellement people : mis en bouteille par Jolie-Pitt, autrement dit Angelina et Brad, les heureux propriétaires ! Ou ce rosé le plus cher du monde, qualifié également de meilleur rosé du monde : Garrus Côtes de Provence du château d’Esclans (Domaines Sacha Lichine), un assemblage de grenache et rolle, élevé en fût de chêne et dont le prix frise les 100 €. Autre originalité, ce Rosé Côtes de Provence, tibouren à 90 % (vieux cépage du bassin méditerranéen) du Clos Cibonne face à la mer sur un coteau de la chaîne des Maures. Eblouissant !

Un vin facile

Depuis quelques années le rosé est tendance suscitant un réel engouement auprès d’un public plutôt féminin et jeune. Loin d’être un effet de mode,  il a su s’imposer dans le temps  car correspondant  à l’évolution de nouvelles tendances de la consommation : des repas plus simple, moins guindés, une cuisine de plus en plus internationale (pizza, cuisine asiatique…). Le rosé est surtout un vin plus accessible, plus libre, qu’on boit sans contrainte. On l’apprécie et pas besoin de le commenter. La preuve de cette éclatante réussite ! Alors qu’on assiste à un certain repli de la consommation de vins rouges (moins 20 % en dix ans), le rosé a progressé dans le même  temps, de 15 %. Les techniques pour l’élaborer ont également progressé : vendanges de nuit, cuves réfrigérées, utilisation de glace carbonique, tout pour éviter l’oxydation. Les vignerons sont d’ailleurs de plus en plus nombreux  à mieux  savoir maîtriser la dimension tannique de ses 3 principaux cépages : le grenache, la syrah et le mourvèdre. Enfin, la notion de terroir, de parcelles devient une signature qui permet de le distinguer dans le  flot des rosés venus d’autres régions de l’hexagone mais aussi des quatre coins du  monde. Oui, ce monde n’est plus tout à fait ni rouge, ni blanc.

Entre Alpes et Méditerranée

La Durance serait-elle la limite entre les Côtes du Rhône et la Provence viticole ? Le vignoble d’appellation Provence se concentre sur les deux départements des Bouches-du-Rhône et du Var, avec une incursion dans les Alpes-Maritimes en pays niçois (région de Bellet). Entre la Méditerranée et les Alpes, le vignoble provençal s’étend sur 27 000 ha d’ouest en est sur près de 200 km. Les vignes commencent immédiatement sur le rivage de la Méditerranée  et se déploient vers l’arrière-pays, sur une profondeur d’environ 50 km. Partout des sols pauvres, sans excès d’humidité, bien drainés mais souvent sensibles à l’érosion, une terre somme toute idéale pour la vigne ! Ajouter un ensoleillement exceptionnel avec 2700 à 2900 h par an et des températures particulièrement élevées en été. Mais la diversité du relief ménage souvent à peu de distance, des différences importantes.

Le mistral gagnant !

La Provence est viscéralement liée à son vent fétiche, le mistral . Glacial en hiver après avoir glissé sur les neiges alpines, il apporte en été une fraîcheur bienvenue. Violent et capricieux, le mistral n’en possède pas moins une qualité remarquable pour le vignoble provençal. C’est en effet un vent très sec qui protège la vigne des attaques des maladies liées à l’humidité.

  • Une zone calcaire à l’image de la montagne Sainte-Victoire : la Provence viticole est formée de deux grands ensembles géologiques, l’un cristallin et l’autre calcaire. Toute la zone ouest et nord du vignoble provençal est constituée d’une alternance de collines et de barres calcaires sculptées par l’érosion avec des sites remarquables comme la montagne Sainte-Victoire, le massif de la Sainte-Baume ou encore les Gorges du Verdon. Ici, règne la garrigue.
  • Une zone cristalline face à la mer : plus à l’est, face à la mer, affleurent les massifs cristallins des Maures et du Tanneron. Les paysages, très différents des précédents, sont composés de collines et de petites montagnes aux courbes plus douces, couvertes de végétation arbustive et de forêts. En continuant vers l’est, entre Saint-Tropez et Cannes, cet ensemble cristallin est troué de traînées éruptives aux roches souvent étonnantes comme les porphyres colorés du massif volcanique de l’Estérel. Sur ce sol cristallin s’étend le maquis.

Cépages, jusqu’à 25 variétés

 Planté dès le Vie siècle avant Jésus-Christ par les grecs, le vignoble de Provence a hérité de ses 2500 ans d’existence ininterrompue d’une extraordinaire collection de cépages. A tel point que, sur les 42 ha du minuscule territoire de Palette, plus de 25 cépages sont autorisés. Et cet exemple extrême  ne représente pas pour autant une exception : onze variétés à Bandol, dix-sept à Bellet…Cette diversité et cette tolérance font que les vins d’un même terroir se révèlent considérablement différents selon les proportions et les variétés des raisins utilisés. Si tous les cépages aux noms souvent pittoresques (barbaroux, bourboulenc, tibouren…) ont contribué à donner leur caractère et leur originalité aux vins de Provence, on assiste aujourd’hui à la modernisation du vignoble, dans le sens d’une meilleure qualité. Ainsi la syrah et le cabernet sauvignon pour les rouges, et le chardonnay pour les blancs sont massivement introduits comme cépages améliorateurs. A l’inverse, le carignan, qui produit des vins robustes et capiteux mais sans grande finesse, est sur le déclin. Certains d’entre eux constituent une base que l’on retrouve dans la majorité des vignobles de la région, alors que d’autres sont plus spécifiques à certaines appellations.

Pour les vins rouges et rosés

  • La syrah : ses petites baies noires aux reflets bleutés donnent des vins solides et colorés, rudes les premières années car riches en tanins, mais particulièrement aptes à un vieillissement prolongé. Avec les années, son évolution apporte au vin des notes caractéristiques de vanille, de havane et de fruits rouges confits.
  • Le grenache : très employé dans les Coteaux d’Aix-en-Provence, ce cépage donne aux vins jeunes des arômes élégants de petits fruits rouges, puis, avec l’âge, il évolue vers des notes plus épicées et animales. Il apporte alors au vin du gras, de l’ampleur et de la puissance.
  • Le cinsault : ce cépage d’origine provençale a longtemps été utilisé comme raisin de table. Largement utilisé en Provence pour l’élaboration des vins rosés, il apporte au vin fraîcheur, finesse et fruité, nuançant la puissance d’autres cépages.
  • Le tibouren : voici un cépage authentiquement provençal, délicat et élégant. Il offre aux rosés la finesse de ses arômes et la richesse de son bouquet. Il est le partenaire privilégié des autres cépages provençaux.
  • Le mourvèdre : il aime particulièrement les terroirs chauds et calcaires. Ce cépage à maturation lente qui ne s’est jamais senti mieux qu’en regardant la mer (voir le Bandol) donne des vins charpentés aux tanins fins et bien affirmés exprimant dans leur jeunesse des arômes de violette et de mûre. Son velouté et sa souplesse, accompagnés de notes caractéristiques d’épices, de poivre et de cannelle, se révèlent après plusieurs années de vieillissement en cave.
  • Le carignan : adapté aux sols pauvres, ce cépage qui était autrefois fort répandu en Provence, tend aujourd’hui à se faire plus discret. Cultivé en coteaux avec de faibles rendements, il donne des vins charpentés, généreux et colorés qui constituent une excellente base d’assemblage.
  • Le cabernet sauvignon : il est d’ailleurs mais sa timide et néanmoins remarquée présence apporte aux vins d’ici, une charpente tannique, puissante et douce à la fois, qui facilite le vieillissement. Son nez caractéristique de poivron vert et de cassis le distingue des autres cépages.

Pour les vins blancs

  • Le rolle (ou vermentinu) : ce cépage d’origine ligure, très répandu en Corse est cultivé depuis toujours en Provence. Il est à la fois robuste et d’une très grande qualité gustative. Il donne des vins aux parfums d’agrumes et de poire, gras et équilibrés, d’une grande finesse de corps et d’arômes.
  • L’ugni blanc : ce cépage d’origine toscane, aux baies rondes et juteuses, permet d’obtenir un vin clair et fruité, d’une grande finesse.
  • La clairette : ce très ancien cépage de Provence produit peu mais ses grains oblongs offrent des vins aromatiques et bouquetés aux notes de fruits à chair blanche.
  • Le sémillon : c’est un cépage vigoureux, productif, mais craignant la pourriture. Utilisé en faible proportion, il apporte au vin de la puissance aromatique, du gras, de la rondeur et une belle élégance avec des nuances de fleurs blanches et de miel.
  • Le bourboulenc blanc (ou doillon) :  cépage tardif, très rustique et robuste, il reste discret en Provence. Il apporte aux vins une touche de finesse et de rondeur.

Enfin, Si on vous parle ici de crotte, ne vous offusquez pas. Il s’agit d’une cave en provençal. De même qu’un avis est un sarment et qu’une tine n’est autre qu’une cuve.

Les trois appellations de Provence

Dans ce vignoble trois appellations majeures représentent 96 % du volume des vins d’appellations d’origine de la Provence :

I/AOC Côtes de Provence

Elle s’étend sur plus de 20 000 ha sur 3 départements : le Var, les Bouches-du-Rhône et une enclave dans les Alpes-Maritimes, qui regroupe 84 communes. La production globale est de 127 millions de bouteilles dont 89 % de rosé, 8 % de rouge, 3 % de blanc. La filière viticole recense 380 caves particulières et 38 caves coopératives. Pour les AOC Côtes de Provence, il existe quatre dénominations de terroir :

1-Les Côtes de Provence-Sainte-Victoire

Le vignoble des Côtes de Provence Sainte-Victoire reconnu en 2005, se situe à l’est de la ville d’Aix-en-Provence, au pied de la Montagne Sainte-Victoire. La superficie couvre 203 ha pour une production d’1 million de bouteilles dont 89 % de rosé et 11 % de rouge. On recense 32 caves particulières et coopératives. Neuf communes sont comprises dans l’aire délimitée du terroir Sainte-Victoire.

dans les  Bouches-du-Rhône :

  • Châteauneuf-le-Rouge,
  • Le Tholonet,
  • Meyreuil,
  • Peynier,
  • Puyloubier,
  • Rousset,
  • Trets.

dans le Var :

  • Pourcieux,
  • Pourrières.

2-Les Côtes de Provence-Fréjus

Situé à l’extrémité est de l’appellation Côtes de Provence, le secteur de Fréjus (reconnu en 2005) est constitué d’ouest en est par les collines bordant le fleuve côtier l’Argens et bénéficie d’une ouverture directe sur la mer Méditerranée. La superficie couvre 17 ha pour une  production  de 84 000 bouteilles dont 76 % de rosé et 24 % de rouge. On y compte 8 caves particulières et coopératives. Huit communes (tout ou partie) du département du Var sont comprises dans l’aire délimitée du terroir de Fréjus :

  • Callas,
  • Fréjus,
  • La Motte,
  • Le Muy,
  • Puget-sur-Argens,
  • Roquebrune-sur-Argens,
  • Saint-Raphaël.
  • Trans-en-Provence.

3-Les Côtes de Provence-La Londe

Le vignoble de cette dénomination de terroir reconnue en 2008 est localisé en terminaison côtière, au sud-ouest du massif des Maures, où affleurent des phyllades très altérées. Le vignoble couvre 54 ha. La production à 90 % de rosé et 10 % de rouge est de 267 000 bouteilles. On recense 25 caves particulières et coopératives. Quatre communes (tout ou partie) du Var sont comprises dans l’aire délimitée Côtes de Provence-La Londe :

  • Bormes-les-Mimosas,
  • La Crau,
  • Hyères,
  • La Londe-les-Maures.

4-Les Côtes de Provence-Pierrefeu

Après Sainte-Victoire et Fréjus en 2005, La Londe en 2008, Pierrefeu est la quatrième appellation de terroir reconnue de l’AOC Côtes de Provence (premier millésime 2013). Elle est accordée pour les vins rouges ou les rosés et couvre 12 communes dont le coeur est constitué par Cuers, Pierrefeu et Puget-Ville. L’appellation Côtes de Provence Pierrefeu regroupe 26 caves particulières et 4 caves coopératives.

II/ AOC Coteaux d’Aix-en-Provence

L’aire d’appellation des Coteaux d’Aix-en-Provence qui couvre 4268 ha est située dans la zone occidentale de la Provence calcaire. Elle s’étend de la Durance à la mer Méditerranée, et de la vallée du Rhône à l’ouest à la montagne Sainte-Victoire à l’est. C’est entre des reliefs constitués d’une succession de chaînons parallèles au littoral (chaîne de la Nerthe, chaîne de la Fare, chaîne d’Eguilles et de la Trévaresse, chaînon des Costes prolongé par les Alpilles) que se situent les bassins sédimentaires où s’est concentrée l’activité viticole. La Production est de 27 millions de bouteilles dont 82 % de rosé,14 % de rouge, 4 % de blanc pour 75 caves particulières et 12 caves coopératives.

III/ AOC Coteaux Varois en Provence

Le terroir admis dans l’aire de production de  2 500 ha est compris dans la région naturelle de la Provence calcaire, rigoureusement délimité au sein de vingt-huit communes regroupées autour de Brignoles, jadis résidence d’été des Comtes de Provence. Il se distingue par des reliefs marqués qui culminent de 600 à plus de 1 000 mètres pour le massif de la Sainte-Baume. La Production est estimée à 16 millions de bouteilles dont 90 % de rosé, 8 % de rouge, 2 % de blanc pour 81 caves particulières et 10 caves coopératives.

Les crus classés de Provence

Les propriétaires des domaines et châteaux de Provence ont obtenu le titre exceptionnel de Cru Classé  en 1955 par Arrêté pris par le Ministère de l’Agriculture et cela malgré les protestations des propriétaires bordelais.  Les Côtes de Provence n´étaient alors que des VDQS.  Ils ne deviendront AOC qu´en 1977. Une commission d’experts avait à l’époque sélectionné 23 domaines (sur les 300 existant). Elle s’appuyait sur une étude de leur terroir, de leur savoir-faire et de leur réputation. Dix-huit domaines existent encore après la disparition du Clos de la Bastide verte (La Garde), du Domaine de la Grande Loube (Hyères), du Clos du Relais (Lorgues), du Coteau du Ferrage (Pierrefeu) et du Domaine de Moulières (La Valette).

  • Château de Brégançon ( Bormes)
  • Clos Cibonne (le Pradet)
  • Château du Galoupet (la Londe)
  • Domaine de Mauvanne (les Salins d’Hyères)
  • Château Minuty (Gassin)
  • Clos Mireille (la Londe)
  • Domaine de Rimauresq (Pignans)
  • Château de Saint-Martin (Taradeau)
  • Château Sainte Roseline (les Arcs)
  • Château de Selle (Taradeau)
  • Domaine de la Source Sainte Marguerite (la Londe)
  • Castel Roubine (Lorgues)
  • Domaine de l’Aumérade (Hyères)
  • Domaine de la Clapière (Hyères)
  • Domaine de la Croix (la Croix-Valmer)
  • Domaine de Saint Maur (Cogolin)
  • Domaine du Noyer (Bormes)
  • Domaine du Jas d’Esclans (la Motte)

 Un classement contestable

Ce classement repose uniquement sur l’antériorité et non sur le qualitatifs malgré la création d’une Charte d’Excellence (regroupant seulement huit des dix-huit crus classés). On constate aujourd’hui que certains domaines produisent des seconds vins, voire des troisièmes qui s’affichent sans vergogne sous la mention de cru classé (!). Il faut savoir également que le vignoble de ces crus classés est loin d’être figé. Des parcelles peuvent ainsi entrer et sortir au fil  des achats et des ventes des propriétés. Last but not least, aucune révision n’est prévue. Donc, il s’agit plutôt d’une rente de situation qui profite à 18 heureux propriétaires.

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