Le vignoble rhodanien

Le Rhône comme le Rhin, la Loire et tant d’autres est un fleuve à vins. Les 200 km des Côtes du Rhône, entre Vienne et Avignon, éclipseraient-ils l’amont du grand fleuve et sa longue descente des glaciers alpins vers les terres chaudes de Provence ? Du valais helvétique où il prend sa source au coeur des Alpes jusqu’à son delta méditerranéen, le plus puissant des fleuves d’Europe parcourt huit cents kilomètres dont la majeure partie est bordée de vignes. En Suisse, encore tumultueux, le Rhône étonne par ses fendants, ceux des terres valaisannes, des vins souples et secs, des vins fruités avec peu d’arômes mais rendus plus vifs par leur léger moustillement. Il traverse ensuite les 72 km du Léman pour resurgir côté France avec les Bugey (voir les vins de Savoie), des blancs légers, désaltérants, d’une fraîcheur étonnante ; ici les rouges annoncent déjà le Beaujolais.

Périmètre et chiffres 2016 du vignoble rhodanien

Le vignoble rhodanien s’étend sur 70.000 ha, sur une zone allant de Vienne à Avignon du nord au sud, d’Avignon à Uzès et Nîmes à l’ouest et jusqu’au Luberon à l’est. C’est le deuxième vignoble d’AOC français. Il représente 9 % des surfaces du vignoble français.

Les chiffres sont à la hauteur :

  • 5300 exploitations viticoles dont 1562 caves particulières, 95 caves coopératives, 56 maisons de négoce et 5 unions de producteurs ;
  • 3 millions d’hl récoltés en 2015 (soit 388 millions de bouteilles commercialisées dont 32 % exportées), un chiffre d’affaire de 1,54 milliard d’€ et 50.000 emplois générés. Pour la mise sur le marché, 60 % de la production provient des caves coopératives, 35 % des caves particulières et 5 % de vinificateurs.
  • Par couleur, les rouges représentent 79 % de la production, les rosés : 14 % et les blancs : 7 % (récolte 2015).

Les rouges sont la couleur dominante du vignoble avec 2,4 millions d’hl.

Pour les rosés, le vignoble consolide sa position avec 435.000 hl dont 120.000 hl pour les Côtes du Rhône, 90.000 hl pour les Costières de Nîmes, 86.000 hl en Ventoux, 78.000 hl pour le Luberon et 35.000 hl pour Tavel, le premier rosé de France.

Les blancs ont bénéficié de la restructuration du vignoble (voir plus bas) par de nouvelles plantations en cépages blancs. La récolte en 2015 était de 205.000 hl (une progression de 17 % depuis 2011). Les deux appellations les plus productrices en blanc sont les Côtes du Rhône : 78.000 hl et le Luberon : 33.000 hl.

2016 au cœur de la restructuration du vignoble

Depuis 2009, trois plans ont eu lieu sur le bassin vallée du Rhône permettant de restructurer 5525 ha (arrachage et plantation) soit environ 8 % du vignoble en production. Ils concernent 963 exploitants. Un quatrième plan est en cours (2016-2018). Pour les plantations en rouge, le grenache représente 40 % des nouvelles plantations. Elles se font pour renouveler les parcelles et les mettre en conformité avec le cahier des charges de l’INAO. Vient ensuite la syrah avec 28 % de replantations afin de renouveler les parcelles touchées par le dépérissement spécifique à ce cépage (matériel végétal non adapté). D’autres cépages comme le mourvèdre et le marselan ont été plantés pour notamment leur résistance à la pourriture ou à la chaleur.

Entre Massif central et Préalpes

Le Rhône n’accorde son nom qu’une fois passé Lyon, lorsque, renforcé par la Saône, il s’est en quelque sorte adjoint la Bourgogne. Là, ses vignobles atteignent leur plénitude ; nous sommes dans les Côtes du Rhône, dans le fameux sillon rhodanien entre Massif central et Préalpes. Jamais les vins du Rhône n’ont été si riches, si pleins, si généreux. Face à Vienne, sur les rives granitiques escarpées et frappées par le soleil, les vins exultent. Ils donnent la Côte Rôtie, la plus prestigieuse appellation, aux allures d’un amphithéâtre dont la scène serait le fleuve et les gradins une succession d’étroites terrasses occupées par la vigne. Et puisque, ici rien n’est trop exceptionnel, cette première étape s’achève par deux vins blancs superbes nés d’un unique cépage, le viognier : le Condrieu et, plus rare encore, Château Grillet. Restons sur la même rive pour atteindre ensuite Saint-JosephCornas et, face à Valence, Saint-Peray.

Vignoble de l'Hermitage et la ville de Tain-l'Hermitage

Au confluent du Rhône et du Doux, dans un méandre resserré du fleuve, le vignoble de la prestigieuse appellation Hermitage (Côtes du Rhône septentrionales) occupe la totalité des collines exposées plein sud. Au pied, la petite ville de Tain-l’Hermitage sur la rive gauche du Rhône et celle de Tournon, sur la rive droite (Photo Christophe Grilhe)

Le règne de la syrah

En traversant le fleuve, nous entrons dans la Drôme par Crozes-Hermitage, le plus vaste vignoble de la partie septentrionale des Côtes du Rhône, jouxtant les imposants coteaux d’Hermitage aux vins charnus et vigoureux. Jusqu’à Valence, la vigne jouit d’un climat tempéré sous influence continentale. Elle prospère sur des terrains assez homogènes dominés par pour les vins rouges et marsanne et roussanne pour les blancs.

La syrah, un formidable destin !

Qui en 1781* aurait pu imaginer le formidable destin de ce petit cépage local connu alors sous le nom de sira, sirane, sereine ou serine alors qu’il ne semblait se restreindre qu’au seul vignoble de l’Hermitage, dans les Côtes du Rhône septentrionales ? Il en est aujourd’hui la vedette incontestée, régnant sans partages (ou presque) sur de très prestigieuses appellations. Outre Hermitage (la quintessence de la syrah a-t-on pu dire !), il a gagné la Côte Rôtie, Croze-Hermitage, Cornas, Saint-Joseph, s’étendant progressivement sur les Côtes du Rhône méridionales, l’Ardèche, la Provence et tout le Midi de la France où il fut utilisé comme cépage améliorateur.

* C’est à cette date qu’il est pour la première fois mentionné avec l’orthographe sira.

Loin de la légende

Non, la syrah ne vient pas de Perse de la ville de Shiraz ou Chiraz dans l’Iran actuel mais… de l’Isère. Les tests ADN de paternité, effectués en 1998, ont permis une surprenante découverte. La syrah est le fruit d’un croisement naturel entre la mondeuse blanche (la mère) et la dureza (le père). Le mariage fut sans doute consommé dans un vignoble où les deux parents étaient cultivés, très vraisemblablement en Isère (Meredith et Boursiquot, 2008).

Quand le vignoble bascule coté Méditerranée

Au sud de Montélimar, le vignoble bascule coté méditerranée, faisant passer les Côtes du Rhône dans la partie méridionale, le relief s’est adouci. Le sol, beaucoup plus varié, est à base de substrats calcaires et de sable où abondent alluvions graveleuses et cailloux.

Ici, le monocépage n’est plus du tout de mise ; la qualité exige plusieurs cépages, jusqu’à treize pour Châteauneuf-du-Pape. A la base, le grenache donne du tannin, du corps, de l’alcool et des arômes. La syrah procure son parfum et son aptitude à bien vieillir, et le cinsault, quant à lui, apporte sa délicatesse et sa légèreté. Nous sommes au cœur des appellations génériques, Côtes du Rhône et Côtes du Rhône-Villages. Une trentaine de crus sont encore à découvrir, certains sont très connus comme Châteauneuf-du-PapeGigondasTavel, Lirac, Rasteau, Cairanne, Vinsobres, Beaumes de Venise, Vacqueyras… D’autres sont un peu moins illustres comme les 17 Côtes du Rhône Villages avec leurs noms  (Chusclan, Laudun, Plan de dieu, Sablet…) sans oublier un peu plus au nord des appellations comme Grignan-les Adhémar, Ventoux et à l’est, Luberon, ainsi que les Côtes du Vivarais sur les deux rives de l’Ardèche.

Notre périple s’achève à l’entrée du delta, après avoir traversé plus de cent villages viticoles et six départements (le Rhône, la Loire, l’Ardèche, le Gard, la Drôme, et le Vaucluse) d’une région devenue en vins d’appellation le deuxième secteur viticole en France.

Vignoble de Séguret

Du vignoble de Séguret, on aperçoit le village de Rasteau en Côtes du Rhöne méridionales (Photo FC)

Vingt-cinq siècles d’histoire

La vigne prospérait déjà dans la vallée du Rhône au début du quaternaire. La découverte de pépins sur des sites préhistoriques en apporte la preuve. Le destin viticole de cette région exceptionnelle est lié à l’installation de colonies grecques par les phocéens vers 600 ans avant J-C. Ils venaient d’Asie Mineure, de Phocée, une ville située à proximité de l’actuelle Izmir, en Turquie. La découverte d’amphores à Tain-l’Hermitage atteste un négoce du vin le long du couloir rhodanien. A Tricastin, il a été mis à jour une importante production d’amphores soulignant la vocation viticole de la région. De Pline l’Ancien au poète Martial, nombreux furent alors les auteurs latins à célébrer la Vienne vineuse, capitale des Allobroges. De Vienne, colonisée par Tibère, la vigne grâce à la Pax Romana, s’étendit ensuite à Lyon, ville préférée de Marc-Aurèle et au-delà.

Au XVIIIe siècle, première mention de Costes de Rhône

 baron Pierre Le Roy de Boiseaumarié

Le baron Pierre Le Roy de Boiseaumarié (1890-1967) fut le fondateur du Syndicat des vignerons des Côtes du Rhône en 1929 et en 1935, il contribua à la création de l’Institut national des appellations d’origine (AOC).

Au Moyen Âge, les papes d’Avignon (1309 à 1376) donnèrent aux vins du Rhône leur premier grand développement européen. En 1573, Nicolas de Nicolaÿ dénombra soixante-dix-sept paroisses vineuses établies le long du Rhône. Mais il fallut attendre 1731 pour que le nom Costes de Rhône apparaisse dans un arrêt royal précisant les conditions de récoltes, de vinification, de mise en fûts et d’emballage des vins de la commune de Roquemaure (Gard). C’était, en quelque sorte avant la lettre, le premier système d’appellation.

Premier terroir à être classé en AOC

Au XIXe siècle, la région innova encore en individualisant chaque bouteille par une étiquette. Si le phylloxera porta un coup terrible au vignoble, les Côtes du Rhône s’en trouvèrent renforcées, prêtes à affronter les problèmes de la qualité. Un nom est intimement lié à cette lutte, celui du baron Le Roy de Boiseaumarié qui fut le principal artisan en France des lois sur les appellations d’origine. Il les appliqua à sa région et, dès 1937, les Côtes du Rhône furent le premier terroir à être classé en AOC.

Deux vignobles qui s’opposent

Aujourd’hui encore, tout oppose les deux secteurs. Si la partie septentrionale s’appuie sur le prestige de ses huit crus et l’homogénéité de son vignoble, la partie méridionale a pour elle de fournir le gros de la production en Côtes du Rhône et en Côtes du Rhône-Villages ainsi qu’une myriade de vins souvent excellents, mais sans grande unité. En quelques années, la qualité s’est considérablement améliorée, aidée par une réglementation qui incite les vignerons à sortir de l’ornière des vins ordinaires.

Liste des appellations du Rhône

I/Les Côtes du Rhône

Située de part et d’autre du Rhône entre Vienne, Valence et Avignon (171 communes et 6 départements), l’appellation Côtes du Rhône tire sa personnalité d’une étonnante diversité de sols, de climats et de cépages. Dans les vins rouges, le grenache, cépage de base (au moins 40 %) apporte fruité, chaleur et rondeur. La syrah et le mourvèdre confèrent au vin des arômes épicés, une couleur et une structure soutenue apte au vieillissement. Le cinsault apporte finesse et permet d’élaborer des rosés et des vins primeurs fruités. Les vins blancs marient arômes et fraîcheur grâce à l’assemblage de différents cépages (au moins 80 %) comme le bourboulenc, le grenache blanc, la roussanne, la marsanne, la clairette, et/ou le viognier. La superficie en production est de 35.036 ha pour une production 2015 de 1.410.893 hl plaçant les Côtes du Rhône Régional au 1er rang pour la production de vins rouges en AOC.

II/Les Côtes du Rhône-Villages et les Côtes du Rhône-Villages Communaux

Cette appellation concerne 95 communes réparties dans les départements de la Drôme, du Vaucluse, du Gard et de l’Ardèche. Pour les rouges et les rosés, l’encépagement est composé de grenache 50 % minimum, syrah et/ou mourvèdre 20 % minimum (autres cépages de l’appellation admis 20 % maximum). Pour les blancs, grenache blanc, clairette, marsanne, roussanne, bourboulenc, viognier (autres cépages blancs admis 20 % maximum). La superficie en production est de 9.670 ha dont 4.187 ha en Côtes du Rhône Villages et 5.484 ha pour les communaux. Le rendement Côtes du Rhône Villages est de 33,2 hl/ha et 33,4 hl/ha pour les Côtes du Rhône Villages Communaux. La production 2015 des Côtes du Rhône Villages était de 379.167 hl.

Les Côtes du Rhône-Villages Communaux 

  • Chusclan dans le Gard, sur les pentes et terrasses caillouteuses de quatre communes : Cadolet, Orsan, Saint-Etienne-des-Sorts, Bagnols-sur-Cèze.
  • Laudun dans le Gard, sur les pentes pierreuses ou graveleuses de deux autres communes : Saint-Victor-la Coste et Tresque.
  • Massif d’Uchaux dans l’extrême nord du Vaucluse. Le vignoble s’étend sur 5 communes : Lagarde-Paréol, Mondragon, Piolenc, Sérignan du Comtat et Uchaux sur des sols composés principalement de grés siliceux et de grés calcaires.
  • Plan de dieu dans le département du Vaucluse. Le vignoble s’étend sur 4 communes : Camaret-sur-Aigues, Jonquières, Travaillan et Violès sur de vaste terrasse alluviale du Riss, surmontée de cailloutis calcaires. Ces cailloutis reposent soit sur de l’argile bleue, soit sur des safres gréseux, assurant en période estivale des remontées d’humidité non négligeables.
  • Puyméras. Son vignoble s’étend sur 5 communes très vallonnées : Mérindol les Oliviers, Mollans sur Ouvèze (Drôme), Faucon, Saint-Romain en Viennois et Puyméras (Vaucluse) sur des terrasses caillouteuses composées de galets roulés et/ou anguleux, avec une terre fine, rouge sablo-caillouteuse.
  • Roaix dans le Vaucluse, entre Rasteau et Séguret, sur les terrasses caillouteuses de l’Ouvèze.
  • Rochegude dans le sud de la Drôme sur des sols d’argiles rouges; des grès perméables et légers et des zones siliceuses.
  • Rousset-les-Vignes (Drôme), sur les pentes élevées de coteaux gréseux et caillouteux.
  • Sablet dans le Vaucluse. Contigu à celui de Gigondas, dans la partie nord des Dentelles de Montmirail sur des sols sableux : argiles rouges décalcifiées, mélangées à des cailloux de dimensions variées et sur des sols de grès rouges.
  • Saint-Gervais dans le Gard, sur des pentes d’argile rouge.
  • Saint-Maurice-sur-Eygues (Drôme), à l’entrée de la région du Nyonsais sur des sols argilo-calcaires plus ou moins graveleux avec des zones gréseuses plus légères.
  • Saint-Pantaléon-les-Vignes, dans le sud de la Drôme, sur la route de Nyons.
  • Séguret dans le Vaucluse, au pied des Dentelles de Montmirail sur coteaux et terrasses argilo-calcaires, caillouteux.
  • Signargues dans le Gard. C’est la plus méridional des appellations Côtes du Rhône Villages. Elle s’étend sur 4 communes : Domazan, Estézargues, Rochefort du Gard, Saze sur des terrasses de galets roulés sur des sables ou des marnes du Pliocène, rougis par l’oxyde de fer.
  • Valréas dans le Vaucluse, sur des coteaux en terrasses d’argile rouge.
  • Visan dans le Vaucluse, dans l’enclave des Papes, sur un sol argilo-calcaire rouge et caillouteux.

III/Les crus des Côtes du Rhône

Côtes du Rhône septentrionales

  • Côte rôtie (rive droite) : vin rouge, 202 ha. Production 2015 : 11.056 hl.
  • Condrieu (rive droite) : vin blanc, 106 ha. Production 2015 : 6.221 hl.
  • Château Grillet (rive droite) : vin blanc, 3,4 ha. Production 2015 : 27 hl.
  • Saint-Joseph (rive droite) : vins rouge et blanc, 920 ha. Production 2015 : 43.331 hl.
  • Cornas (rive droite) : vin rouge, 90 ha. Production 2015 : 4.687 hl.
  • Saint-Péray (rive droite) : vin blanc, 55 ha. Production 2015 : 2.843 hl.
  • Crozes-Hermitage (rive gauche) : vins rouge et blanc, 1.283 ha. Production 2015 : 73.454 hl.
  • Hermitage (rive gauche) : vins rouge et blanc, 140 ha. Production 2015 : 5.347 hl.

Côtes du Rhône méridionales

  • Vinsobres(Drôme) : vin rouge, 419 ha. Production 2015 : 20.599 hl.
  • Rasteau (Vaucluse) : vin rouge, 880 ha. Production 2015 : 33.541 hl.
  • Rasteau Vin Doux Naturel (Vaucluse), 36 ha. Production 2015 : 1.022 hl.
  • Gigondas (rive gauche) : vins rouge et rosé, 1232 ha. Production 2015 : 48.874 hl.
  • Beaumes-de-Venise (Vaucluse) : vin rouge, 612 ha. Production 2015 : 23.046 hl.
  • Muscat de Beaumes-de-Venise (Vaucluse) : vin doux naturel, 34 ha. Production 2015 : 8.690 hl.
  • Vacqueyras (rive gauche) : vins rouge, rosé et blanc, 1461 ha. Production 2015 : 47.846 hl.
  • Châteauneuf-du-Pape (rive gauche) : vins rouge et blanc, 3165 ha. Production 2015 : 101.851 hl.
  • Lirac (rive droite) : vins rouge, rosé et blanc, 801 ha. Production 2015 : 24.601 hl.
  • Tavel (rive droite) : vin rosé, 946 ha. Production 2015 : 35.314 hl.
  • Cairanne. Cette nouvelle appellation depuis 2016 est située dans le Haut Vaucluse, à 2 pas de l’Enclave des Papes et de la frontière départementale avec la Drôme. Sur 956 ha, l’appellation produit  27.333 hl en rouge à 95 % (60 % de grenache) et en blanc à 5 % à partir de grenache, clairette, roussanne, marsanne, bourboulenc et viognier.

    Les galets roulés à Châteauneuf-du-Pape

    Châteauneuf-du-Pape, plant de grenache sur les fameux galets roulés (des galets quartzites) charriés par le fleuve au quaternaire (Cave Joël Diffonty)

IV/Les autres appellations du vignoble rhodanien

Luberon. Cette AOC (anciennement appelée Côtes du Luberon) a pour cadre, le Parc Naturel Régional du Luberon. De fait, celui ci s’étend sur 36 communes, toutes situées dans le sud-est du Vaucluse et dans le Parc. Cette zone géographique privilégiée, entre Provence et Rhône est également réserve mondiale de biosphère classée par l’Unesco. Entre bories et villages perchés, les vignobles s’épanouissent des deux côtés du Luberon. Les vins rouges représentent 28 %, les rosés 48 %, et les blancs 24 %. Les rouges et les rosés sont à base de syrah, grenache noir, mourvèdre, carignan et cinsault et pour les blancs : grenache blanc, clairette, vermentino, bourboulenc, roussanne, marsanne, ugni blanc, viognier. La superficie en production est de 3.205 ha pour un rendement de 47 hl/ha et une production de 164.021 hl (en 2015).

Ventoux : cette AOC, anciennement Côtes du Ventoux, est abritée du Mistral par le Mont Ventoux et les Dentelles de Montmirail. Le vignoble s’épanouit dans un site naturel classé Réserve de biosphère par l’Unesco. Les vins rouges représentent 64 %, les rosés 32 %, et les blancs 4 %. Rouges et rosés sont essentiellement issus du grenache noir, carignan, cinsault, mourvèdre avec comme cépages secondaires, le picpoul noir, la counoise, la clairette, le bourboulenc, le grenache blanc, la roussanne, la marsanne, le marselan, le vermentino et le viognier. Pour les blancs : clairette, bourboulenc, grenache blanc, roussanne (cépages secondaires : marsanne, vermentino, viognier). La superficie en production est de 6279 ha pour un rendement de 42 hl/ha et une production de 272 692 hl (en 2015)

Clairette de Bellegarde. Ce vignoble est très morcelé avec des parcelles de clairette parfois anciennes (1940). L’ensemble du vignoble se trouve sur la terrasse de Bellegarde, située à 60 mètres d’altitude. Alternance de haies de vignes, de cyprès, d’oliviers et de vergers d’abricotiers. Terroir de galets roulés permettant un mûrissement optimal des grappes et un drainage parfait en cas d’excès d’eau. Sol argileux avec forte proportion de cailloux siliceux (60 % de cailloux dans les premiers centimètres du sol). La superficie en production est de 7 ha et le rendement à 28 hl/ha. La production annuelle est d’environ 320 hl (en 2015).

Costières de Nîmes. Ces anciennes Costières du Gard sont situées sur la rive droite du Rhône. Le vignoble est formé de collines et de plateaux dont l’altitude varie entre 20 et 147 m. Le terroir est constitué de galets déposés au quaternaire par le Rhône et la Durance qu’on appelle ici gress. Ces alluvions caillouteuses sont enveloppées sur une épaisseur de 5 à 15 mètres d’un sable dont la couleur varie du jaune clair au rouge foncé. Les vins rouges et rosés représentent chacun 45 % de la production et les blancs 10%. Pour les rouges et les rosés, le cépage principal est le grenache (minimum 25 % de l’encépagement) puis la syrah et le mourvèdre (minimum 20 % de l’encépagement), le carignan (maximum 40 % de l’encépagement), le cinsault (maximum 40 % de l’encépagement). Pour les blancs, grenache blanc, bourboulenc, clairette, ugni blanc, marsanne et roussanne. La superficie en production est de 3951 ha pour un rendement de 54 hl/ha et une production de 238.604  hl (en 2015).

Grignan les Adhémar. Ces ex-Coteaux du Tricastin, gênés par la notoriété de la centrale nucléaire du même nom mais aussi par la petite taille de leur vignoble, ont obtenu en 2010 par décision exceptionnelle de l’INAO, de rebaptiser leur appellation Grignan-Les Adhémar. Ce vignoble planté par les Phéniciens dès le Ve siècle avant J-C reprit vie dans les années 60 grâce à des viticulteurs rapatriés d’Algérie. Classées VDQS en 1964, les vignes ne couvraient alors que 365 ha (2 500 ha un siècle plus tôt !) Grignan-les-Adhémar obtient l’appellation d’origine contrôlée en 1973. La zone de production est située sur la rive gauche du Rhône, entre le Dauphiné et la Provence, de Montélimar à Saint Paul Trois Châteaux. Cette appellation affirme sa personnalité au sein de la vallée du Rhône par le mariage réussi de 6 cépages rouges : la syrah, le grenache et le carignan, la mourvèdre, le cinsault et le marselan. Les vins blancs, eux, sont issus de la marsanne, la roussanne, le bourboulenc, la clairette, le grenache blanc et le viognier. Le sous-sol est principalement argilo-calcaire ou sablonneux, avec la présence de gros galets roulés par le Rhône ou de terrasses formées de cailloutis calcaires et d’alluvions anciennes en bordure de la plaine du Rhône. Les vins rouges représentent 72 % de la production, les rosés 22 % et les blancs 6 %. La superficie en production est de 1632 ha pour un rendement de 30 hl/ha et une production de 58.299 hl (en 2015).

Grignan les Adhémar

Grignan les Adhémar dans la Drôme Provençale, vigne et champs de lavande (Domaine de Montine)

Côtes du Vivarais (vins rouge, rosé et blanc vinifiés en grande partie par les caves coopératives). Le vignoble se situe de part et d’autres des fameuses Gorges de l’Ardèche sur le plateau des Gras, à 250 m d’altitude sur 9 communes de l’Ardèche et 5 communes du Gard. La vigne s’épanouit sur des terrains calcaires peu profonds, riches en pierrailles et calcaires marneux. Au cours des années 60, une poignée de vignerons ont lancé le pari de la qualité. Les plans hybrides ont été arrachés et des cépages mieux adaptés aux terroirs ont été replantés (en rouge, le grenache noir et la syrah, et en blanc, le grenache blanc et la marsanne). La superficie en production est 406 ha pour un rendement de 34 hl/ha et une production annuelle de 9789 hl (en 2015).

Duché d’Uzès. Cette AOC depuis 2012, de 282 ha est située du nord-ouest de Nîmes et s’étend à l’ouest du Pont du Gard jusqu’aux contreforts des Cévennes. La production se décline en trois couleurs (62 % rouge, 19 % blanc, 19 % rosé) ; des vins d’assemblage élaborés à partir des cépages utilisés également pour les autres AOC de la Vallée du Rhône (grenache, syrah, mourvèdre, cinsault, viognier, clairette…). La production 2015 était de 11.266 hl.

V/Les ex-vins de pays devenus IGP de la vallée du Rhône

Pour rappel, l’IGP (Indication géographique Protégée) désigne un vin (ex-vin de pays) d’une zone géographique dont une qualité déterminée, la réputation ou d’autres caractéristiques peuvent être attribuées à cette origine géographique. L’IGP bénéficie de facto de la protection européenne, elle est donc protégée comme une marque.

  • IGP Ardèche (Coteaux de l’Ardèche)
  • IGP Drôme (Comté de Grignan, Coteaux de Montélimar)
  • IGP Collines Rhodaniennes
  • IGP Coteaux des Baronnies
  • IGP Gard
  • IGP Vaucluse (Aigues, Principauté d’Orange)
  • IGP Coteaux du Pont du Gard

La viticulture bio en vallée du Rhône

On comptabilise en 2016, dans le vignoble rhodanien, 7300 ha de vignes  en Agriculture Biologique Certifiée, en Biodynamie, ou en conversion soit 6,2 % des surfaces totales sur l’ensemble du secteur soit une production de 305.000 hl (récolte 2015). Les AOC de la Vallée du Rhône représenteraient à elles seules 12 % des surfaces de vignes bio nationales (tous vins confondus). Le rendement moyen observé en vallée du Rhône pour les productions bio est d’environ 33 hl/ha.

Répartition de la production bio par type d’appellation

  • Costières de Nîmes : 9 %
  • Grignan les Adhémar : 1 %
  • Ventoux : 10 %
  • Luberon : 4 %
  • Crus méridionaux : 10 %
  • Crus septentrionaux : 4 %
  • Côtes du Rhône Villages : 16 %
  • Côtes du Rhône Régionaux : 46 %

Avignon, capitale des Côtes du Rhône

A Avignon, le Carré du Palais, centre des Côtes du Rhône place du Palais des Papes

A Avignon, le Carré du Palais, centre des Côtes du Rhône place du Palais des Papes

Porte d’entrée sur le vignoble de la vallée du Rhône, Avignon, capitale des vins des Côtes du Rhône se dote d’un lieu emblématique de 2 400 m2, le Carré du Palais situé sur un empla­cement stratégique (la place du Palais des Papes), un cadre hautement historique associant patrimoine, terroir, gastronomie, art de vivre et vins. Il propose :

  • Une école des vins ;
  • Un bar à vins « oenotouristique » regroupant la totalité des appellations de la vallée du Rhône ;
  • Des espaces événementiels et de séminaires, un restaurant gastronomique ;
  • Des suites qui accueilleront des visiteurs dans un cadre de grand standing jouissant de vues imprenables sur les monuments alentours ;
  • Des boutiques ateliers consacrées au produits emblématiques des grands ferments : thé, café, chocolat, pain, fromage…
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