Saint-Nicolas-de-Bourgueil (appellation de Touraine) Loire

Saint-Nicolas-de-Bourgueil (AOC Saint-Nicolas-de-Bourgueil) Touraine (Loire) vins rouge et rosé (2 % seulement) : en quittant l’Anjou et le saumurois, la Touraine accueille ses visiteurs par ses crus de Bourgueil et Saint-Nicolas-de-Bourgueil sans oublier un peu plus au sud, celui de Chinon. On est sur la route des célèbres châteaux de la Loire.  Avec ces trois crus, nous entrons au pays de Rabelais, au pays de Gargantua, là où il situa son abbaye de Thélème, pays des …rouges bien drapés et de bonne laine, tous vins propres à esbaudir les esprits, resjouir la vueue, ouvrir l’appétit.

Les deux vignobles indissociables que rien ne distingue apparemment sinon peut-être la natures des sols légèrement différentes et le climat un peu plus océanique à Saint-Nicolas, sont situés à la limite nord-ouest du département de l’Indre-et-Loire. Ils occupent la rive droite de la Loire. Le fleuve à cet endroit, avec le confluent de la Vienne, prend des dimensions exceptionnelles et laisse pénétrer amplement les influences maritimes. Le printemps y est précoce et l’automne ensoleillé. Le coteau couvert de forêt, protège des vents du nord, les pentes bien exposées où le raisin peut atteindre facilement sa pleine maturité.

Les communes de l’appellation Saint-Nicolas-de-Bourgueil

Dans l’Indre-et-Loire :

  • Saint-Nicolas-de-Bourgueil,
  • Avoine,
  • Beaumont-en-Véron,
  • Benais,
  • Bourgueil,
  • La Chapelle-sur-Loire,
  • Chouzé-sur-Loire,
  • Ingrandes-de-Touraine,
  • Restigné,
  • Saint-Patrice,
  • Savigny-en-Véron.

En Maine-et-Loire :

  • Allonnes,
  • Brain-sur-Allonnes.

Appellations jumelles

L’appellation Bourgueil qui s’étend sur 1300 ha englobe sa sœur jumelle, Saint-Nicolas-de-Bourgueil, dont le domaine plus réduit (1050 ha) fournit 58 000hl pouvant se classer en Bourgueil, alors que l’inverse n’est pas possible. Il faut imaginer une bande de terre perpendiculaire à la Loire, de 15 km de long sur 4 km de large, composée de trois zones parallèles :

  • La vallée. Seuls quelques ilots caillouteux dans la vallée supportent la vigne.
  • Le plateau. L’essentiel du vignoble se concentre sur une vaste terrasse alluviale à une quinzaine de mètres au-dessus du fleuve, couverte de sables et de graviers, sur laquelle se situe Sant-Nicolas-de-Bourgueil. Ce secteur produit ce qu’on appelle des vins de gravier, des vins tôt faits, plus fins et plus fruités.
  • Les coteaux. Au-dessus, le relief s’accentue en coteaux exposés sud, sud-est et protégés des vents du nord par un important massif forestier. Le tiers du vignoble s’étend sur ces coteaux de tuffeau (craie du Turonien) recouverts de sables. C’est la région des tufs qui donne des vins plus durs en primeur mais pouvant évoluer sur plusieurs années.

On rencontre donc deux types de sols à Saint Nicolas de Bourgueil : au plus haut de la pente, des sols argilo-siliceux plus ou moins calcaires et plus bas, des sols siliceux, profonds appelés graviers.

Un seul cépage mais deux types de vin

Les vins de Saint-Nicolas-de-Bourgueil sont vinifiés en rouge ou en rosé à partir du breton (le berton!), nom ici du cabernet franc. C’est le cépage principal avec un cépage accessoire, le cabernet sauvignon. Sa proportion ne peut être supérieure à 10 % de l’encépagement. Comme on l’a vu, la nature du sol joue ici un rôle  déterminant sur les caractéristiques des vins élaborés.

1/Les vins de tufs

Dans la partie nord de l’appellation, en terres riches en argile et calcaire, les vins sont bien structurés. Ils sont charnus et aptes à un vieillissement de 10 ans ou plus, lors notamment des grands millésimes (faut-il au moins les attendre deux ans avant de les boire!). Ils sont de couleur pourpre un peu sombre et issus fréquemment d’une macération un peu plus longue. Les arômes dominants sont ici les fruits noirs : mûrs, cassis, myrtille parfois marqués d’une pointe épicée. Très denses et très charnus, on sent nettement une puissance et persistance en bouche supérieur aux vins de graviers. C’est en fin de dégustation que s’épanouissent les tannins assouplis par le temps.

2/Les vins de graviers

Dans les sols de graviers, on obtient des vins plus légers mais d’un fruité exceptionnel. C’est la majorité des vins de Saint-Nicolas. Ils sont prêts au printemps suivant la récolte. Ils bretonnent comme on dit ici dès leurs premières Pâques. A boire rapidement entre 3 à 5 ans. Ils sont rouge rubis aux reflets violacés. Les arômes renferment un véritable cocktail de fruits rouges et de violettes. Ce sont des vins très tendre en bouche, on y reconnaît la cerise, la mûre ou la framboise.

L’appellation recense 145 producteurs qui pour la grande majorité vinifient eux-même leurs vins; 2 caves coopératives et 5 maisons de négociants.

Un succès qui ne se dément pas

D’année en année, le succès semble être au rendez-vous. Le Saint-Nicolas plaît parce que c’est un vin souple et facile à boire et que sa production bénéficie d’une qualité homogène. Autre raison évoquée : dans Saint-Nicolas, il y a Bourgueil ce qui laisse croire à une hiérarchie entre l’AOC Saint-Nicolas et l’AOC Bourgueil ce qui n’est évidemment pas le cas. En revanche, le fait d’être une appellation essentiellement communale est un atout dans l’image de marque de l’appellation.

 

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