Touraine (AOC Touraine) Loire

Les AOC Touraine peuvent se décliner en rouges, rosés, blancs, fines bulles. L’aire d’appellation couvre l’ensemble de la Touraine, soit l’équivalent en surface plantée de 5500 ha pour une production de 280 000 hl dont environ 38 % en  rouge, 42 % en blanc, 12 % en fines bulles et 8 % en rosé.  Le vignoble bordé  au sud-est par le Berry, s’étend des limites de l’Anjou aux portes de la Sologne. Il occupe  une zone de confluence formée par la Loire et ses affluents (le Cher, l’Indre et la Vienne) se répartissant sur 104 communes de Indre-et-Loire et 42 du Loir-et-Cher.

A titre de rappel voici les différentes appellations Touraine :

  • Touraine : vins rouge, rosé (cépages : gamay, cabernet franc, côt, cabernet sauvignon, pineau d’aunis, pinot noir) ; vin blanc sec (cépages sauvignon, chenin et accessoirement chardonnay)
  • Touraine fines bulles : vin pétillant (cépage chenin)
  • Touraine-Amboise : vin rouge et rosé (cépages gamay majoritaire, cabernet et côt) ; vin blanc sec (cépage chenin)
  • Touraine-Azay-le-Rideau : vin rosé (cépage 60 % minimum grolleau, pur ou assemblé avec gamay, côt ou cabernet), vin blanc sec ou demi-sec (cépage 100 % chenin)
  • Touraine-Chenonceaux : vin rouge (cépages cabernet franc et côt) ; vin blanc sec (cépage sauvignon)
  • Touraine-Mesland : vins rouge et rosé (cépages assemblage de gamay, cabernet franc et côt) ; vin blanc sec (cépages chenin parfois assemblé avec du chardonnay)
  • Touraine Noble-Joué : vin gris/rosé (assemblage des trois pinots, pinot meunier, pinot gris et pinot noir)
  • Touraine-Oisly : vin blanc sec (cépage sauvignon)

De l’Anjou aux portes de la Sologne

Il va de soi que l’appellation Touraine englobe les autres appellations tourangelles ; mais son secteur de prédilection se situe entre l’Indre et la Loire, d’Amboise à la Sologne et le long du Cher, de Bléré à Saint-Aignan. Une poignée de viticulteurs, à Thésée, Couffy, Seigy,  Saint-Romain, etc. produisent sur des terrains argileux à cosse (gros silex) des rives escarpées du Cher d’excellents cabernets, des cots à la robe sombre et au bouquet intense et des gamays aux notes florales sur fond minéral.

Prédominance du sauvignon et du gamay

Si les blancs dominent la production, on constate la désaffection du chenin  essentiellement destiné aux fines bulles marquées par des senteurs de brioche, de pomme verte et de miel. Face à ce cépage typiquement ligérien, partout  le sauvignon* triomphe donnant des vins très vifs, évoquant le genêt, le chèvrefeuille et les fruits exotiques. Avec 80 % des plantations, il est le vin de cépage le plus important des appellations tourangelles.

*Avec accessoirement le chardonnay.

 Les gamays de Touraine

L’appellation a su acclimater ou voire engendrer nombre de cépages rouges (cabernet franc, cot, cabernet sauvignon, pineau d’Aunis, pinot noir…). Ils se sont parfaitement adaptés à la nature très diversifiée des sols, des sols de type perruches notamment constitués d’argile à silex avec plus ou moins de sable ou de gravier. Mais c’est sans conteste le gamay qui offre ici une impressionnante production de plus de 60 % de la récolte. Ces purs gamays (en mono-cépage), récoltés particulièrement tôt par rapport au cabernet, donnent des vins à la robe claire, légers, francs, alertes sans astringence aux arômes caractéristiques de fruits rouges, au parfum de violette et aux notes poivrées. Certains pionnier comme Henry Marionnet sur son domaine de la Charmoise à  Soings-en-Sologne ont pris le pari fou de planter du gamay noir à jus blanc mais planté franc de pied comme ceux que l’on produisait au XIXe siècle avant le phylloxéra. Résultats 20 ans plus tard, des vignes d’une vivacité exceptionnelle et surtout un vin à la couleur plus vive aux arômes de fraises très mûres et de cerises noires. C’est un gamay mais plus gras, plus long en bouche avec une complexité et un équilibre qui pourrait l’assimiler à un grand cru.

Touraine Tradition

Les tourangeaux reviennent à l’ancienne pratique du mélange des cépages, seul capable de procurer des vins suffisamment tanniques et charpentés pour bien vieillir. Il s’agit de la fameuse trilogie gamay (50 %), cabernet franc (30 %) et cot (20 %) baptisée Touraine Tradition, une spécialité des vignerons des bords du Cher, entre Saint-Georges et Saint-Aignan.

Le Touraine primeur 

La vente des vins en primeur subirait-elle une longue descente en enfer ? Mais d’abord quelques précisions : le Touraine primeur qui a vu le jour en 1979, provient d’un cépage unique, le gamay à l’instar des Beaujolais. La vendange obligatoirement manuelle est versée intacte en grappes entières (en évitant au maximum  leurs éclatement pour permettre  une micro fermentation). La durée de vinification est  réduite à environ 4 jours (contre une dizaine normalement) pour apporter le caractère souple et friand d’un vin primeur. La macération est particulière. Elle est  dite carbonique. Une partie des raisins éclatent et rendent du jus qui subit une  fermentation alcoolique rapide, gage d’une belle puissance aromatique et de tannins adoucis.

Martiner le vin

Selon les usages tourangeaux, le vin nouveau était traditionnellement dégusté le 11 novembre, à la Saint Martin selon le dicton qui veut que ce jour là : le moult passe pour vin, boit le bon vin, et laisse l’eau pour le moulin, tue ton porc et goûte ton vin. A la Saint-Martin, jeune ou vieux, bois le vin. A cette date en effet le vin était martiné, c’est à dire jugé. Mais  martiner signifiait aussi bien boire. D’ailleurs, en Touraine, mettre le tonneau en perce, se disait encore récemment martiner le vin. Les vins primeurs de Touraine sont donc désormais martinés le troisième  jeudi de novembre de chaque année, conformément à la législation française sur la mise en marché anticipée des vins d’appellation.

Vin qui rit et vin qui pleure

Mais comme pour le Beaujolais nouveau, la chute des ventes est notoire. Ainsi en 2011, InterLoire recensait-il  255 000 bouteilles de Touraine primeur (67 % produits en Loir-et-Cher et 33 % en Indre-et-Loire) pour environ 100 000 aujourd’hui. Ce constat va évidemment de pair avec la diminution des producteurs du Touraine primeur. Ils étaient 42 en 2007, on n’en recense maintenant moins d’une vingtaine avec une surface moyenne récoltée de 1,3 ha. Autre point déterminant, la durée de vente de ce Touraine primeur qui s’étalait il y a 10 ans encore, de novembre à janvier !  Aujourd’hui, ce laps de temps s’est réduit comme peau de chagrin à quinze jours au plus.

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