Touraine (La Touraine) vins et vignes (vallée de la Loire)

Touraine (la Touraine) vallée de la Loire : jardin de France, c’est Touraine, aimait à dire Rabelais, qui naquit non loin de Chinon, à la Devinière. Dans ce jardin où s’édifièrent de somptueux châteaux, prospère l’un des plus attachants vignobles de France. Entre Sologne et Anjou, il  couvre les coteaux des rives de la Loire et de ses affluents, l’Indre,  le Cher et la Vienne. Au cœur du Val de Loire, la Touraine est depuis 2000, l’un des dix vignobles européens du patrimoine mondial de l’UNESCO. Deux départements forment cette Touraine viticole. A l’ouest, l’Indre-et-Loire, qui concentre les grands crus, affiche par un hasard extraordinaire la forme d’une feuille de vigne. Plus à l’est, le Loir-et-Cher se réserve le domaine des appellations régionales.

Une frontière marquées par les cépages

Le climat plutôt sous influence maritime à l’ouest prend peu à peu un caractère continental en allant vers l’est formant une sorte de frontière de facto marquée par les cépages. Ainsi, ces écarts climatiques combinés aux différents sols va déterminer le choix des cépages. Ils seront d’avantage tardifs à l’ouest : cabernet franc et chenin (en Indre-et-Loire) et plus précoces à l’est : gamay, sauvignon (en Loir-et-Cher). La nature des sols est ici excessivement variée, avec les perruches, ces argiles à silex au flanc des coteaux, les  aubuis, sols bruns argilo-calcaires sur sous-sols crayeux, des sables sur argiles vers la Sologne, des graviers légers, des faluns (sable), des tufs, des varennes formant le lit des rivières, Loire, Cher, Indre et Vienne qui peuvent devenir graveleuses comme sur la terrasse ancienne de Bourgueil…

Des vignobles très hétéroclites

La Touraine rassemble sur un vaste territoire des vignobles très hétéroclites qui s’égrène de la Sologne à l’Anjou, bordés au sud par le Berry. Sujet permanent d’étonnement, la vigne est infiniment discrète. Il faut savoir gravir les collines, passer les hautes falaises de tuffeau qui bordent la Loire pour surprendre les villages viticoles et leurs vignobles. Jamais le chenin n’a autant exulté sur des sols, mélange de sable siliceux, d’argile et de calcaire, ce fameux aubuis qui apporte à la Touraine les grands vins blancs secs et liquoreux de Vouvray et de Montlouis. Ici, sur les bords de la Loire, le breton (cabernet franc) est chez lui comme en Aquitaine. En marge du Saumurois, il offre avec Chinon, Bourgueil et Saint-Nicolas-de-Bourgueil, une superbe déclinaison de vins rouges à la robe intense et aux arômes de fruits rouges.

Cépages autochtones et cépages acclimatés

Si la Touraine se targue d’avoir su acclimaté bon nombre de cépages (cabernet franc, pinot noir, cot, chardonnay), à défaut de les avoir engendrés comme le chenin, le pineau d’Aunis ou le grolleau, elle nous offre une impressionnante production de pur gamay : ces  gamays de Touraine légers, fruité, alertes et friands, bousculés dès le troisième jeudi de novembre par l’arrivée massive du gamay primeur.

Principal fournisseur de la capitale

C’est sans doute la fondation du monastère de Marmoutier par Saint Martin évêque de Tours, en 372 qui marque le début de l’extension du vignoble de Touraine avec son cortège de légendes : celle notamment de son âne qui brouta les pieds d’une vigne, enseignant ainsi aux hommes l’art de la taille ou bien encore cette autre qui veut que rapportant de Hongrie un cep, il le mit dans un os d’oiseau pour le transporter, puis dans un os de lion et d’âne au fur et à mesure que celui-ci grandit. Une fois arrivé à Vouvray, il le planta donnant naissance au vignoble tourangeau. Il est évident que la présence de la Loire et de ses principaux affluents a joué un rôle essentiel dans l’expansion du vignoble et que le destin a aussi contribué à faire de la Touraine un des principaux fournisseurs de vin de la capitale. On pense notamment à ce fameux édit des vingt lieues qui en 1577 interdisait aux marchands parisiens d’acheter des vins produits à moins de 88 km de Paris ce qui poussa les viticulteurs tourangeaux à multiplier les plantations de Gamay, un cépage très productif. Le XIXe siècle fut l’âge d’or de ce commerce.  Après une période de crise (mildiou, phylloxera, surproduction…) qui dura jusqu’à la Seconde Guerre Mondiale, la Touraine s’est tourné définitivement vers le qualitatif.

Deux nouvelles appellations en 2012

Si cinq crus représentent les plus beaux fleurons du vignoble tourangeau (tous en Indre-et-Loire), reconnus AOC dès 1939, il ne faudrait pourtant pas oublier des appellations plus récentes : Touraine-Amboise, Touraine-Mesland, Touraine-Azay-le-Rideau, Touraine Noble-Joué, Coteaux du Vendômois et deux petits nouveaux  consacrés en 2012 : Touraine-Chenonceaux et Touraine-Oisly. La superficie totale de la Touraine (élargie) est d’environ 16 000 ha avec une production de 800 000 hl.

La Touraine, dix-huit appellations en AOC

  • Touraine (rouge, rosé, blanc)
  • Touraine mousseux
  • Touraine-Amboise (rouge, rosé, blanc)
  • Touraine-Azay-le-Rideau (rosé, blanc)
  • Touraine-Chenonceaux (blanc, rouge)
  • Touraine-Mesland (rouge, rosé, blanc)
  • Touraine-Noble-Joué (gris/rosé)
  • Touraine-Oisly (blanc)
  • Vouvray (blancs : sec, moelleux et effervescent)
  • Montlouis-sur-Loire (blancs : sec, moelleux et effervescent)
  • Bourgueil (rouge, blanc)
  • Saint-Nicolas-de-Bourgueil (rouge, blanc)
  • Chinon (roue, blanc, rosé)
  • Jasnières (blanc)
  • Coteaux-du-Vendômois (rouge, blanc, rosé)
  • Cheverny (roue, blanc, rosé)
  • Cour-Cheverny (blanc)
  • Coteaux-du-Loir (roue, blanc, rosé)

Trois IGP (vins de pays)

  • Vin de Pays du Val de Loire : Indre-et-Loire
  • Vin de Pays du Val de Loire : Loir-et-Cher
  • Vin de Pays du Val de Loire : Sarthe
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